« C’est gratuit » est une phrase qui mérite qu’on l’explique, sinon elle inquiète à juste titre. Voici comment un courtier en énergie est payé, ce qu’il peut réellement négocier, et ce qu’il ne peut pas.
Sur votre facture, seule la part fourniture se négocie
Une facture d’électricité professionnelle se décompose en trois blocs, et leur marge de manœuvre n’a rien de comparable.
- La fourniture — le prix de l’énergie elle-même, plus la marge du fournisseur. Négociable. C’est le seul bloc sur lequel une mise en concurrence agit.
- L’acheminement — le TURPE en électricité, l’ATRD et l’ATRT en gaz. Non négociable. Tarif réglementé, identique chez tous les fournisseurs, révisé chaque année au 1er août.
- Les taxes — accise, CTA, TVA. Non négociables.
Un courtier qui promet des économies sur la totalité de votre facture ne dit pas la vérité. Sur un site tertiaire, la part négociable représente en général de l’ordre de la moitié du montant, parfois moins selon le profil de consommation.
Comment le courtier est payé
Une commission versée par le fournisseur retenu, dont le montant et les modalités figurent dans le mandat que vous signez.
C’est là que se joue la différence entre deux courtiers. La commission existe toujours — elle est intégrée au prix que vous payez, chez tout le monde. La question n’est donc pas « y a-t-il une commission », mais « est-elle écrite noir sur blanc, et son montant dépend-il du fournisseur que je choisis ».
Nous inscrivons le montant dans le mandat, avant la mise en concurrence. Vous savez ce que nous gagnons avant de signer, et sur quelle offre.
Ce qu’un courtier fait vraiment
- Il lit votre facture et vos données de comptage — souvent le seul moment où quelqu’un le fait sérieusement.
- Il consulte plusieurs fournisseurs en même temps, ce qui compte : une offre d’énergie a une durée de validité de quelques heures à quelques jours.
- Il compare à structure identique — prix fixe, indexé, ou à cliquets ne se comparent pas ligne à ligne.
- Il surveille l’échéance. C’est le point le plus rentable, et le plus négligé.
L’offre de sortie, le piège le plus coûteux
Un contrat professionnel qui arrive à échéance sans renouvellement ne s’arrête pas : vous basculez sur une offre de sortie ou de secours. C’est systématiquement la plus chère du marché. Personne ne vous prévient, parce que personne n’y a intérêt.
C’est la raison d’être d’un suivi d’échéance, bien plus que la négociation initiale.
Le contexte de 2026
L’ARENH, ce mécanisme qui donnait accès à une part d’électricité nucléaire à prix encadré, a pris fin au 31 décembre 2025. Il est remplacé par un dispositif de versement fondé sur les revenus du nucléaire, dont les effets se répercutent différemment selon les offres.
Concrètement, les grilles tarifaires ont été rebattues et les écarts entre fournisseurs se sont creusés. Une offre signée avant ce basculement mérite d’être réexaminée — c’est exactement le genre de moment où la mise en concurrence rapporte le plus.
Et les travaux
Le courtage réduit le prix du kilowattheure. Il ne réduit pas la consommation. Pour cela, il existe un second levier : les certificats d’économies d’énergie, qui financent une partie des travaux. Les deux se complètent — la facture montre où vous perdez de l’argent, les CEE financent les travaux qui l’arrêtent.
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