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Courtage en énergie

Offre de sortie : ce qui arrive quand votre contrat expire

Personne ne coupe le courant. Le fournisseur continue de vous livrer, à ses conditions, sur une offre que vous n’avez pas négociée et qu’il n’a aucune raison de rendre attractive.

Un contrat de fourniture d’électricité qui arrive à son terme ne provoque aucune coupure. C’est précisément ce qui le rend dangereux : rien ne se passe, rien n’alerte, et l’électricité continue d’arriver exactement comme la veille.

Ce qui a changé n’apparaît que sur la facture suivante. Vous n’êtes plus sur le contrat que vous aviez négocié. Vous êtes sur celui que le fournisseur applique par défaut.

Ce qu’est une offre de sortie

C’est le régime tarifaire qu’un fournisseur applique à un client dont le contrat est arrivé à échéance sans qu’un nouveau soit signé. Elle porte des noms variables selon les fournisseurs — offre de sortie, tarif de sortie, conditions par défaut — mais la logique est constante : le fournisseur continue de vous livrer, à des conditions qu’il fixe seul.

Ce n’est pas une sanction. C’est une continuité de service, et elle a une justification pratique : sans elle, une entreprise qui oublie son échéance se retrouverait sans électricité. Mais elle n’est pas conçue pour être attractive.

Pourquoi elle coûte cher

Une offre commerciale est construite pour gagner un client. Une offre de sortie s’applique à un client qui est déjà là, qui n’a rien demandé, et qui n’a pas d’alternative immédiate. Rien n’oblige le fournisseur à la placer au niveau du marché, et rien ne l’y incite.

Elle intègre aussi une prime de risque bien réelle : le fournisseur ne sait pas combien de temps vous allez rester ni combien vous allez consommer. Il ne peut donc pas acheter votre énergie à l’avance dans de bonnes conditions, et ce coût se retrouve dans votre prix.

Le montant exact dépend du fournisseur, de la période et de votre profil. Ce qui est constant, c’est le sens de l’écart : il joue contre vous, et il court tant que vous ne signez rien.

Ne pas confondre avec le fournisseur de secours

Deux mécanismes portent des noms voisins et n’ont rien à voir.

Deux situations distinctes
Offre de sortieFournisseur de secours
Ce qui la déclencheVotre contrat arrive à terme sans renouvellementVotre fournisseur cesse son activité
Qui décideVotre fournisseurUn dispositif encadré par les pouvoirs publics
Votre responsabilitéEngagée : c’est une échéance manquéeAucune : vous subissez la défaillance d’un tiers
Comment en sortirEn signant un nouveau contratEn signant un nouveau contrat

La confusion est fréquente et elle rassure à tort. Le fournisseur de secours est un filet de sécurité collectif. L’offre de sortie est une conséquence contractuelle qui ne concerne que vous.

Le tarif réglementé n’est plus un refuge

Beaucoup de dirigeants supposent qu’en cas de problème, ils « retomberont sur le tarif réglementé ». Pour la plupart des entreprises, ce n’est plus vrai depuis 2021.

Le tarif réglementé de vente d’électricité est aujourd’hui réservé aux clients résidentiels et aux plus petites structures : puissance souscrite inférieure ou égale à 36 kVA, et sous les seuils d’effectif et de chiffre d’affaires correspondant à la microentreprise.

Au-delà de ces seuils, il n’existe aucun tarif de repli. Le marché est le seul régime disponible, et l’offre de sortie en fait partie.

Pourquoi personne ne vous prévient

Aucune obligation générale n’impose à un fournisseur d’alerter un client professionnel de l’approche de son échéance. Les modalités d’information, quand elles existent, figurent dans les conditions particulières du contrat — c’est-à-dire dans le document que personne ne relit.

Et l’intérêt commercial va dans l’autre sens. Un client qui reste sur une offre de sortie est un client rentable qui ne coûte rien à conserver.

Il n’y a donc pas de piège au sens malhonnête du terme. Il y a une asymétrie : une seule des deux parties a intérêt à surveiller la date, et ce n’est pas vous qui l’avez sous les yeux.

La fenêtre utile

Elle se situe entre six et trois mois avant l’échéance.

Plus tôt, les fournisseurs ne cotent pas encore : une consultation lancée un an à l’avance revient avec des prix théoriques ou des refus. Plus tard, vous négociez dans l’urgence, avec une date butoir connue de tous ceux à qui vous demandez un prix. C’est la pire position possible.

Cette fenêtre suppose de connaître la date. Elle figure sur votre contrat, généralement en première page. Si vous ne l’avez pas sous la main, c’est le premier document à retrouver.

Si vous y êtes déjà

Une offre de sortie ne vous engage pas dans la durée : vous en sortez en signant ailleurs. Le délai de bascule dépend de votre situation, mais il se compte en semaines, pas en mois.

Deux points à vérifier avant de vous précipiter. D’abord, ce que dit votre contrat échu sur le préavis et sur d’éventuels frais. Ensuite, le prix réellement appliqué depuis l’échéance — il est sur vos dernières factures, et il fixe l’ampleur de ce que vous récupérez.

Le reste est une mise en concurrence ordinaire. Elle demande une facture récente et un peu de temps.

Ce qu’il faut retenir

  • Une échéance manquée ne coupe rien et ne prévient de rien.
  • L’offre de sortie n’est pas encadrée : elle est fixée par votre fournisseur.
  • Le tarif réglementé n’est plus accessible à la plupart des entreprises.
  • La seule protection est la date d’échéance, connue et surveillée.

Le second poste à contrôler au passage, indépendant de toute offre : votre puissance souscrite.

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